TOP BOUQUINS SPÉCIAL TOUR DE FRANCE

Les livres de l'été sur le thème du Tour de France !

Par Salvatore Lombardo

LA LÉGENDE DE L’ALPE D’HUEZ

Les 24 et 25 juillet, le Tour de France se lancera à l’assaut de la mythique montée de l’Alpe d’Huez. L’occasion pour le peloton de renouer dans les grandes largeurs avec son histoire la plus légendaire. Celle qui verra le Campionissimo Fausto Coppi s’imposer lors de la montée inaugurale lors du Tour 1952. Celle aussi qui vit les incroyables exploits du Pirate Marco Pantani sur les fameux et terrifiants 21 virages de la grimpée. Et notamment ses fabuleux records. 36 minutes 50 secondes en 1995 et 37 minutes 35 secondes établi lors du Tour 1997. 

Pour mémoire, Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard, les deux grands favoris du Tour 2026, n’ont pu faire mieux que 39 minutes et 8 secondes en 2022. Avec des vélos autrement plus performants que celui du grimpeur italien. Qu’en sera-t-il cette année ?

Top Vélo | Le tour se joue a lalpe dhuez

Reprenant avec bonheur son ouvrage déjà publié il y a quelques années, le talentueux Jean-Paul Vespini redonne vie à la Légende écrite à même les 13,8 kilomètres de l’Alpe. Cette montagne de souffrance qui vit si souvent s’illustrer les hollandais au point de mériter son surnom de Grimpée des Hollandais. 

D’année en année, d’exploit en exploit, de champion en champion, Vespini dresse une fois encore le tableau d’un cyclisme héroïque dans un livre devenu référence. Avec un style et une culture du cyclisme qui n’appartiennent qu’à lui. 

Le Tour se joue à l’Alpe d’Huezpar Jean-Paul Vespini. Mareuil Editions. 280 pages. 22 euros.

LA GRANDE BOUCLE SELON PAULO LA SCIENCE

Livre après livre, live TV après live TV, Jean-Paul Ollivier n’a jamais cessé de nous restituer avec émotion la juste mesure de l’extraordinaire histoire du cyclisme. Et si nous pensions avoir tout lu et tout su grâce à lui, ce Paulo la science devenu légende française, voilà de quoi nous détromper. Avec un nouvel opus intitulé « La Grande Boucle de mes souvenirs ».

En guise de clin d’œil éditorial, Jean-Paul Ollivier nous précise dès la couverture du livre, qu’il s’agit de ce qu’il a oublié de nous dire…

Préfacé par Christian Prudhomme, rien moins que le directeur du Tour de France, l’ouvrage nous replonge au cœur de souvenirs et d’anecdotes ayant fait du Tour une épreuve sportive et sociale à nulle autre pareille.Outre Fausto Coppi, Jacques Anquetil, Raymond Poulidor, Luis Ocana, Bernard Hinault et Marco Pantani, tous illustres protagonistes de la Grande Boucle, voici ressurgir au fil des pages, des épisodes mettant en scène des personnages tels que l’acteur Omar Sharif, le Chef des cuisines du Président Kennedy à la Maison Blanche, l’académicien Pierre Benoit ou encore l’incroyable Orson Welles. Héros nourris de la mirifique saga du Tour

Avec sa verve habituelle et son intarissable mémoire, Jean-Paul Ollivier nous offre ainsi des chapitres mélancoliques, drôles ou tragiques suivant les pages. Du grand classique de la littérature journalistique. Du bonheur de lecture. Une merveilleuse chronique sociale aussi.Mais il y a mieux encore. Notre Paulo se fait aussi philosophe avec des récits qui n’appartiennent qu’à lui. Notamment celui qui concerne la phobie du chrono d’un coureur provençal nommé Édouard Fachleitner. Ami du grand Jean Giono, nostalgique permanent de sa terre de haute Provence, Fach ne rêvait durant ses épreuves que d’entendre la voix de son chien Dick et de se retrouver avec les vieux de sa bonne ville de Manosque, se dorant sur les bancs vermoulus de la place, écoutant les histoires de bergers, vécues là-haut sur le plateau de Valensole. Il songeait surtout, à propos de Giono, qu’il irait à son retour, chez lui à Manosque, Montée des Vraies Richesses, lui emprunter toute sa collection de bouquins de Peter Cheney. Et qu’il les prendrait un à un, religieusement, sous l’œil soupçonneux de Phine, la vieille servante du maitre.

Top Vélo | La grande boucle de mes souvenirs

Évidemment notre maestro de la littérature sportive ne nous offre pas seulement la gloire ou l’émotion. Il met également en lumière quelques personnages pittoresques, mais profondément humains, qui n’ont pas forcément marqué l’histoire. Des coureurs valeureux dont le souvenir perdure au travers d’anecdotes touchant aussi bien la course elle-même que ses à côtés sociaux ou politiques. Ainsi Régis Clère, qui dispute le Tour de France 1982 avec son beau maillot de Champion de France. Lancé dans une échappée solitaire de grande ampleur, il a la surprise de traverser la localité de Locronan dans un silence quasi religieux. Il a pourtant 11 minutes d’avance sur le peloton et il est revêtu de son maillot tricolore. L’explication ? Ce même jour se déroule la traditionnelle procession de la Grande Troménie. Et le Recteur Dilasser a obtenu l’assurance d’une traversée silencieuse du bourg afin de ne pas troubler les pélerins participants à cette antique fête religieuse. Le brave Régis l’apprendra seulement après l’arrivée. Certes rejoint par la peloton, mais fier de son exploit. Et Jean-Paul avec humour baptisant ce chapitre « L’Ayatollah Troménie ».

Pages après pages jusqu’à l’épilogue sans doute le plus personnel de ce cher confrère. Qui évoque avec le sourire ému que j’imagine, le numéro de sa carte de presse : 22390. Ce qui me fait immanquablement songer à, la mienne : 47084.  Un peu plus de 20.000 numéros d’écart. Pour se retrouver avec toujours le même enthousiasme sur les routes picaresques et glorieuses du Tour. Forza Jean-Paul !

La grande boucle de mes souvenirspar Jean-Paul Ollivier. Mareuil éditions.245 pages, 20,99 euros.

LA LEGENDE DE « POGI »

Dors et déjà désigné comme l’égal de Merckx ou de Coppi par nombre de spécialistes et de directeurs sportifs, adoubé même par le fils du Campionissimo et par nos confrères de l’Équipe qui n’ont pas hésité à titrer « Pogacar, Coppi conforme » ou « Poga Star », le prodigieux Tadej Pogacar demeure un mystère éblouissant qui interpelle. 

Avec cette première biographie du surdoué champion slovène, Yohann Hautbois nous offre un décryptage passionnant sur le nouveau Cannibale. Un athlète qu’il connaît bien pour l’avoir suivi depuis ses débuts. 

On découvre ainsi un jeune prodige né à Komenda, petit village de Slovénie, à des années- lumière des projecteurs du Giro ou du Tour. Un ado soutenu par sa famille et décidé à devenir sinon champion, du moins coureur cycliste. Puis un coureur cycliste d’anthologie, tueur à sang chaud, qui ne cesse d’attaquer comme d’autres vont au bal du dimanche. Avec un visage de lutin et la décontraction d’un enfant ébloui par le cyclisme au point d’en être devenu le personnage principal et l’objet de tous les superlatifs de la part du vénérable Ernesto Colnago.

Top Vélo | Tadej Pogacar Pour moi le cyclisme est un jeu

Saison après saison, exploit après exploit, voilà Tadej Pogacat tel qu’en lui-même. Incroyablement fort, incroyablement sympathique, incroyablement humain et surtout incroyablement détaché de sa propre gloire. Un héros ? Certainement. Mais aussi un jeune homme très peu ordinaire aussi. Attaché aux siens. À son équipe. À sa compagne Urska. À des causes telles que la lutte contre le fléau du cancer. 

Pogi. Profondément champion. Étonnamment humain. 

Le livre de yohann Hautbois vient lever le voile sur celui qui est devenu à 27 ans l’incarnation du nouveau cyclisme. Offensif et spectaculaire du premier au dernier jour d’une saison. Au point de soulever l’enthousiasme d’Eddy Merckx et de Bernard Hinault. La réponse quasi enfantine de Pogi : « Pour moi le cyclisme est un jeu ».

Tadej Pogacar, par Yohann Hautbois. Solar-L’Équipe. 160 pages richement illustrées. 17,90 euros.

LA POÉSIE DU CYCLISME

Que le sport cycliste soit l’un des Beaux-Arts, cela est une évidence depuis les très riches pages écrites par des écrivains du calibre de Albert Londres, Curzio Malaparte, Dino Buzzati ou d’Antoine Blondin. Avec en perspective mirifique les exploits de champions ultimes mis en relief par des journalistes inspirés tels Rino Negri, Pierre Chany ou Jean-Paul Ollivier. Mais tout n’est pas dit de la poésie du cyclisme, de ce supplément d’âme apporté par l’acte sportif lui-même dans le contexte de panoramas tout à la fois métaphysiques et inspirants. Grandioses et tragiques. Avec le geste du fauteur de quotidiens troubles ou enthousiasmants suivant l’époque et l’actualité.

Top Vélo | Petit eloge de la course cycliste

Des affres du dopage, qui, contrairement à ce que dit l’auteur, n’aura jamais transformé un âne en cheval de course, jusqu’à la constance émouvante d’un public tout acquis à la cause de Ses Champions, voilà ce que nous propose avec talent Jean Cléder dans son « Petit éloge de la course cycliste ». Un ouvrage à la rencontre de mythes tels que Merckx, Ocana ou Hinault. 

Petit éloge de la course cycliste, par Jean Cléder. Éditions Les Pérégrines. 200 pages. 14,50 euros.

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