Nouveau S-Works Tarmac SL9, le nouveau vélo total de la marque américaine

4 ans après le Tarmac SL8, Spécialized lance le Tarmac SL9 S-Works, la 9ème génération de son cadre phare destiné à la compétition. Une évolution qui modernise (encore) le Tarmac afin de le rendre encore plus performant, rapide, confortable et aérodynamique. Toujours une référence ?

Par Alexandre Lombardo

Avec le S-Works Tarmac SL9, Specialized ne cherche plus seulement à gagner quelques grammes ou à promettre quelques watts en soufflerie. La marque américaine revendique une approche plus globale : réduire le temps réel nécessaire pour franchir la ligne d’arrivée.

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Trois ans après le lancement du Tarmac SL8, Specialized ouvre un nouveau chapitre avec le S-Works Tarmac SL9. Un vélo qui conserve l’ADN bien connu de la famille Tarmac — légèreté, rendement, précision de pilotage — tout en poussant beaucoup plus loin le travail aérodynamique. Sur le papier, les chiffres parlent fort : cadre S-Works FACT 12r annoncé à 687 g, vélo complet à partir de 6,5 kg, gain aérodynamique de 4 watts face au SL8 à 45 km/h, et simulations favorables sur plusieurs scénarios de course World Tour.

Mais l’intérêt de ce nouveau Tarmac SL9 n’est pas seulement dans la fiche technique. Il se trouve surtout dans la méthode employée par Specialized pour le développer. La marque ne parle plus uniquement du vélo le plus léger, du cadre le plus profilé ou du meilleur résultat isolé en laboratoire. Elle résume sa philosophie autour d’un indicateur : le “Time To Finish”, autrement dit le temps total nécessaire pour terminer un parcours réel.

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TARMAC SL9 : LE PLUS RAPIDE SELON SPECIALIZED

Specialized présente le S-Works Tarmac SL9 comme son vélo de route le plus rapide jamais conçu. L’affirmation est forte, mais elle ne repose pas uniquement sur une mesure de traînée en soufflerie. La marque explique avoir travaillé à partir d’une “équation de la vitesse” intégrant plusieurs paramètres : puissance du cycliste, masse du système, aérodynamisme du vélo et du coureur, résistance au roulement, rugosité de la route, densité de l’air, vent, profil du parcours et conditions réelles de course.

C’est cette approche qui distingue le discours du SL9 de celui d’un simple vélo “aéro”. L’idée est de ne plus optimiser une seule variable, mais de comprendre comment toutes interagissent sur une étape, une attaque, une échappée ou une montée décisive. Specialized prend notamment l’exemple de la dernière étape du Tour de France Femmes 2024, marquée par l’offensive de Demi Vollering vers l’Alpe d’Huez. Selon les simulations de la marque, avec un Tarmac SL9 au lieu du SL8, le gain aurait été de 14 secondes sur les 80 derniers kilomètres. Une donnée évidemment théorique, mais parlante lorsque l’on se souvient que le classement général s’était joué à seulement quelques secondes.

Specialized annonce également que le SL9 serait 28 secondes plus rapide que le SL8 sur une étape de Grand Tour de 100 km, toujours selon sa méthodologie interne. Il faudra naturellement confronter ces promesses à la route, mais le message est clair : le Tarmac SL9 n’est pas présenté comme une révolution spectaculaire, mais comme une somme de gains précis, obtenus là où les courses se décident.

UN AERO POUSSÉ MAIS PAS VERS L’EXTRÊME

Visuellement, le Tarmac SL9 reste fidèle à l’esprit Tarmac. Il ne devient pas un pur vélo aéro massif, mais presque chaque tube a été revu. Le tube de direction, que Specialized appelle toujours “Speed Sniffer”, est plus fin de 4 mm et sa section frontale est réduite de 10 %. Pour parvenir à ce résultat, la marque a développé une conception baptisée “Offset Steerer”, qui permet de déporter le passage de la durite de frein arrière sur le côté droit de la fourche. Le but : libérer de l’espace dans la zone frontale, la plus sensible à la pénétration dans l’air.

La fourche évolue elle aussi. Les fourreaux sont orientés vers l’extérieur afin de mieux guider le flux d’air généré par la roue avant. Le tube diagonal descend davantage vers la roue avant et travaille en lien avec la fourche et la douille de direction pour limiter les turbulences dans cette zone de haute pression. C’est une évolution que l’on devinait déjà sur les prototypes observés en course : Specialized a cherché à fluidifier tout l’avant du vélo, sans pour autant sacrifier l’équilibre général du châssis.

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À l’arrière, la marque a également revu sa copie. Les données de course ont montré que les coureurs en échappée roulent souvent avec un seul bidon. Un détail en apparence, mais qui change l’écoulement de l’air autour du tube de selle et du triangle arrière. Specialized a donc redessiné cette zone en fonction de cette configuration réelle. Le nouveau “Win Fin” situé autour du tube de selle revendique à lui seul un gain de 0,5 watt. La tige de selle S-Works Rapide adopte également un profil plus profond et une section frontale réduite, afin de mieux gérer le flux d’air accéléré par le mouvement des jambes.

UN MANNEQUIN DYNAMIQUE POUR LES MESURES

L’un des points les plus intéressants du dossier de presse concerne la méthode de test en soufflerie. Specialized insiste sur l’utilisation d’un mannequin à jambes articulées, désormais dans sa sixième génération. Contrairement à un mannequin statique ou à un simple test du cadre isolé, ce dispositif permet d’intégrer le mouvement du cycliste, son interaction avec le cadre et la façon dont ses jambes perturbent ou accélèrent le flux d’air.

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C’est un point essentiel, car un vélo de route n’existe jamais seul en course. L’aérodynamique réelle dépend de l’ensemble vélo-cycliste. Specialized affirme ainsi que le SL9 a été développé en tenant compte de positions de course concrètes, notamment celles observées lors des échappées à haute vitesse. Ce travail explique certaines formes moins attendues, comme la nouvelle tige de selle ou l’arrière du cadre, pensés non pas pour séduire sur une photo de profil, mais pour fonctionner avec un cycliste en mouvement.mannequin

UN CADRE À 687 GRAMMES

Malgré ce travail aérodynamique plus marqué, Specialized annonce un cadre S-Works Tarmac SL9 FACT 12r à 687 g dans sa version la plus légère, en taille 56. Le poids du vélo complet descendrait à 6,5 kg selon les montages. Sur le segment des vélos de course modernes, c’est un chiffre particulièrement bas, surtout pour une machine qui revendique un niveau d’intégration et d’aérodynamisme aussi poussé.

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Le nouveau Tarmac S-Works SL9 est aussi disponible en version “Team”.

Pour obtenir ce résultat, Specialized reprend les enseignements du “Flow State Design”, déjà utilisé sur l’Aethos. L’idée consiste à faire travailler la forme du cadre plutôt que d’ajouter de la matière pour répondre aux contraintes mécaniques. Les zones du cadre sont conçues pour supporter les charges de manière plus efficace, ce qui permet de limiter les couches de carbone inutiles. Specialized annonce par ailleurs que le cadre FACT 12r a résisté à plus de 100 000 cycles à 2 377 watts lors de ses essais internes.

Ce point est important, car le Tarmac SL9 ne cherche pas à redevenir un pur vélo de montagne. Il conserve l’ambition du vélo polyvalent de très haut niveau : assez léger pour les cols, plus rapide sur les parties roulantes, suffisamment rigide pour les attaques et assez confortable pour rester efficace après plusieurs heures de course.

UNE GEOMETRIE PRATIQUEMENT INCHANGÉE

Specialized n’a pas bouleversé la géométrie du Tarmac. Le SL9 conserve l’équilibre qui a fait le succès du SL8, avec une direction vive, une position de course moderne et une réactivité immédiate. La marque indique avoir conservé les mêmes objectifs de rigidité et de souplesse que sur le SL8, malgré les nouvelles formes aérodynamiques.

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Le principe Rider-First Engineered est toujours présent : chaque taille reçoit une structure carbone spécifique afin de conserver des sensations homogènes du 44 au 61. Le SL9 sera proposé en sept tailles : 44, 49, 52, 54, 56, 58 et 61 cm. Seule la taille 54 bénéficie d’un léger ajustement destiné à augmenter l’espace entre les orteils et la roue avant, sans modifier le comportement grâce à un trail conservé.

Côté pratique, le vélo reçoit de série des pneus en 700×30, mais accepte jusqu’à 32 mm avec un dégagement annoncé de 4 mm. Le boîtier de pédalier reste fileté en BSA 68 mm, un choix rassurant pour l’entretien. Le cadre est compatible uniquement avec les transmissions électroniques et les freins à disque hydrauliques. La patte de dérailleur avant est amovible, ce qui permet un montage monoplateau propre, et le vélo peut accepter jusqu’à 55/42 dents en double plateau.

DES MONTAGES SANS COMPROMIS

Le S-Works Tarmac SL9 reçoit logiquement le meilleur de l’écosystème Specialized et Roval. Le cadre et la fourche sont en FACT 12r, les roues sont des Roval Rapide CLX III, le cockpit monobloc Rapide est de la partie, tout comme la selle S-Works Power avec technologie Mirror. Le boîtier de pédalier et les roulements de direction CeramicSpeed complètent l’ensemble.

Deux montages sont annoncés au catalogue : SRAM RED AXS ou Shimano Dura-Ace Di2. En Europe, les deux versions S-Works Tarmac SL9 sont annoncées à 13 999 euros. Le kit cadre S-Works Team Replica est indiqué à 5 999 euros.

Pour en savoir plus, site internet de la marque.

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