Entouré d’une myriade d’amis et de centaines d’afficionados de Canyon, Rodolphe Beyer avait du mal à contenir son émotion en prenant la parole lors de la très attendue Soirée anniversaire marquant les 20 ans d’une épopée. Nous étions dans les très folles heures du ROC d’Azur et l’initiateur de Canyon France avait convié le monde du vélo à une fête à la fois bon enfant et impressionnante. De quoi donner du sens et du relief à l’évocation de ce qui demeurera à jamais l’aventure de sa vie professionnelle.

Quelques jours plus tard, retour dans son fief alsacien de Trois épis et flash-back émotionnel au jeu de l’entretien.
« Je n’étais alors qu’un petit distributeur de productions italiennes. Et j’avais le sentiment que les choses étaient en train de changer avec l’irruption du carbone et l’arrivée de nouvelles marques venant bousculer la tradition. C’est alors que j’ai découvert la révolution de la vente directe initiée par Roman Arnold avec Canyon. Nous nous sommes rencontrés et six mois plus tard la hot line Canyon France était en fonction. Pas simple puisque le site fonctionnait alors uniquement en Allemand et en Anglais. Il y avait des plâtres à essuyer. Notamment l’hostilité d’un milieu sclérosé qui se retrouvait un peu désemparé fac e au concept novateur de Roman Arnold : Proposer au cyclo le vélo dont il rêve au prix auquel il était pour lui possible de l’acheter. »
Pour Rodolphe Beyer il suffisait désormais de s’inscrire avec constance et passion dans la trajectoire initiée par le Steve Jobs du vélo, ce Roman Arnold qu’il va rencontrer et côtoyer régulièrement. De quoi affiner son option française et francophone. De quoi aussi établir sa ligne de conduite face aux attaques judiciaires et aux manoeuvres souvent dilatoires d’un milieu désarçonné littéralement par l’apparition d’un modèle économique à la fois révolutionnaire et porteur de nouvelles valeurs.
« En 2004 il y avait eu le triomphe du CF10 dans le test annuel du magazine allemand Tour. Puis l’utilisation de ce superbe vélo par les pros du team Unibet. Une machine ultra light montée avec ce qu’il y avait de mieux au Monde à l’époque. Le groupe Campagnolo Record et les roues Lightweight. Dans le pelotons les autres coureurs en bavaient d’envie. C’était à la fois amusant et révélateur d’une nouvelle ère du style, de la technologie et de la performance. Lors de mes rencontres avec Roman j’avais indiqué à plusieurs reprises que je croyais que la marque et le modèle Canyon avaient un gros potentiel en France. Mais je n’imaginais pas vraiment à quel point ! En fait nous allions changer d’époque. Après le règne des cadreurs artistes, le plus souvent italiens, venait celui des ingénieurs et des designers.»

Au-delà de l’aspect technologique et de la vague de nouveauté il y avait évidemment la notion de contact direct avec le client. De passionné à passionné. Ce qui amènera inéluctablement à l’avènement d’une étonnante et détonante communauté.
« Dans mes équipes, dès le début, j’ai opté pour donner la priorité à des postulants eux-mêmes pratiquant passionnés. Des équipiers plus que des collaborateurs. De quoi établir un authentique dialogue avec le client qu’il ne s’agira plus de considérer comme un banal acheteur mais plutôt comme un alter-ego en passion sportive. Et parler librement des choix et des options en fans de matos et donc de produits. Ce contact direct a changé complètement la donne du marché. Plus rien ne serait jamais comme avant. Au point de pousser la concurrence à changer elle aussi. Comme un inédit examen de conscience. »
Restait à surmonter l’hostilité impressionnante du milieu et notamment le refus absurde et quasi suicidaire de certains vélocistes d’accepter les vélos Canyon pour des entretiens ou des changements d’accessoires. Pas de quoi désarçonner les rêveurs de chez Canyon France.
« Soyons clairs. Si Canyon dérangeait à ce point c’est que notre proposition technologique et commerciale correspondait exactement aux nouvelles attentes des passionnés. Ces milliers et bientôt dizaine de milliers de pratiquants désireux de voir s’établir un dialogue et se constituer une communauté. Alors le refus de nombreux vélocistes d’accepter nos vélos nous aura tout simplement poussé à établir un service après-vente hyper performant et à organiser un inédit réseau de mécaniciens partenaires partout en France. De quoi répondre le plus efficacement possible aux attentes des clients. Aujourd’hui personne ne critique plus Canyon dont les productions innovantes montrent souvent la ligne à suivre, qu’il s’agisse de performance, de style ou de personnalisation. Et nos champions, de Pauline et Valverde hier jusqu’à Van der Poel aujourd’hui, sont nos meilleurs ambassadeurs. »



