WOUT AU MÉRITE, PAULINE AU COEUR !
Combien de mois, combien de saisons passées à évoquer la malchance, le dépit, la méforme et même une proche fin de carrière à force de trop d’échecs douloureux. Wout Van Aert, naguère frère ennemi et principal opposant à Mathieu Van der Poel, trainait sa mélancolie comme un constat inquiétant pour un athlète surdoué tout juste âgé de 31 ans. Ne serait-ce, déjà face à Tadej Pogacar, un beau succès d’estime lors de l’ultime étape du Tour de France 2025, le flamboyant Wout en était de plus en plus souvent réduit à jouer les équipiers de luxe pour son leader Jonas Vingegaard. Un rôle trop étriqué pour un champion de sa trempe. Situation d’autant plus insupportable que la reconnaissance des services rendus ne semblait pas aller de soi côté Vingegaard. Tout au contraire. À désespérer du cyclisme pour un garçon aux valeurs humaines et sportives incontestées. Tous ses adversaires, à commencer par Van der Poel et Pogacar, louant régulièrement son talent et sa personnalité.
Photos Ashley & Jered Gruber pour Cervélo.

En Triomphant dans un Paris-Roubaix 2026 d’anthologie, à l’issue d’un formidable duel
avec l’incomparable numéro Un mondial, Wout retrouve enfin son statut au sein du fameux club dit des 4 fantastiques. Aux côtés de Pogacar, Vingegaard et Evenepoel. Ex-aequo avec son alter ego Van der Poel.
La messe était pourtant loin d’être dite. Et si son nom figurait, presque par politesse, parmi les favoris, il n’apparaissait qu’en second rideau derrière Van der Poel, Pogacar et même Ganna que les journalistes italiens imaginaient réaliser un exploit à la Moser sur les pavés du Nord.
Bien placé dès les premiers kilomètres, bien entouré par un team Visma Lease Bike hyper motivé, victime sans douter d’une banale crevaison, il va pour une fois échapper au chaos frappant successivement Pogacar et Van der Poel avec de multiples changements de vélos tous plus brouillons les uns que les autres. Et à 50 bornes de Roubaix notre Wout se retrouve seul en tête avec Pogacar. Un Pogacar qui va tout tenter dans les mythiques secteurs de Mons en Pévèle et dans du Carrefour de l’Arbre pour lâcher celui qui lui aura causé la seule déception de son Tour 2025 en le crucifiant sur les pavés de Montmartre.
Pogacar sans doute émoussé par ses multiples retours, Van der Poel lancé dans une vaine poursuite, tout allait se jouer sur le vélodrome de Roubaix. Wout effaçant doutes et déceptions à l’issue d’un sprint magistral. S’offrant ainsi non seulement la victoire tant espérée, mais aussi le nouveau record de l’épreuve à la moyenne de 48,910 km/h. « La palme au mérite », dira son équipier Christophe Laporte. Quelquefois la malchance change de camp…

SEIXAS AUSSI BIEN QUE REMCO ET VINGEGAARD ?
Si l’on excepte l’exceptionnel, c’est à dire les 3 magistrales victoires de Tadej Pogacar sur les 4 épreuves disputées depuis le début 2026 (Strade Bianche – Milan San Remo – Tour des Flandres), on peut se pencher sur les résultats des autres protagonistes majeurs du début de saison.
Jonas Vingegaard, en dépit d’un début retardé par les conséquences d’une chute et d’une maladie cet hiver, s’est imposé avec une étonnante autorité dans Paris Nice. S’y montrant dominateur et montagne et magistral dans la gestion de course. Un peu plus tard il s’est imposé au Tour de Catalogne en surclassant tous ses adversaires en côte. A l’exception d’un certain Lenny Martinez qui se classe second au général. Ce même Lenny Martinez qui avait été auparavant le seul à le suivre et à le devancer dans l’ultime étape de Paris Nice.
Remco Evenepoel, magistral avec 3 victoires et 3 jours à Majorque, mais ensuite dominé en montagne par Vingegaard sur le Tour de Catalogne, n’est visiblement pas encore au top de sa forme. Même s’il s’est classé 3ème au Tour des Flandres. Et s’il s’est imposé dans le contre la montre du Tour UAE.

Paul Seixas explose littéralement au plus haut niveau. De promesse, il est en passe de devenir la nouvelle référence du cyclisme français avec un tonitruant début de saison 2026.
Victoire d’étape au Tour d’Algarve d’abord. Son premier succès chez les pros. Puis victoire sur l’Ardèche Classic après un raid solitaire de 40 kilomètres. Et seconde place dans les Strade Bianche, derrière l’intouchable Pogacar. Puis l’avènement, avec un Tour du Pays basque mémorable où il remporte le général et 3 étapes. Dont le chrono inaugural.
À moins de 20 ans, le très jeune leader du team Décathlon CMACGM semble déjà promis à la succession d’un certain Bernard Hinault. D’ailleurs les dirigeants du team UAE disent le prendre très au sérieux pour sa prochaine confrontation avec Pogacar pour Liège Bastogne Liège. Et son premier Tour de France l’attend. Le meilleur, Son meilleur, reste donc à venir.




