LE TOUR DE TOUS LES RECORDS ?

UN HOMME EN JAUNE LES BRAS LEVÉS QUI ÉTREINT SES SIX ÉQUIPIERS TOUT EN ROULANT VERS LE DÉPART DE L’ULTIME ÉTAPE DU TOUR DE FRANCE 2025. DES SOURIRES POUR LES PHOTOGRAPHES, COMME UNE FORME DE RESPECT À LA TRADITION DE LA GRANDE BOUCLE. MAIS AUSSI COMME UN SOULAGEMENT APRÈS TROIS FOLLES SEMAINES. TADEJ POGACAR EN A TERMINÉ AVEC SON GRAND DÉFI : REJOINDRE CHRIS FROOME AU PINACLE DES QUADRUPLES VAINQUEURS DU TOUR. MISSION REMPLIE AVEC PANACHE !

Par Salvatore Lombardo

POGACAR LE MAÎTRE DE GUERRE

Quatre victoires d’étapes, des performances sur tous les terrains, du spectacle à tous les étages et un incroyable record de 54 minutes 41 dans l’ascension du mythique Mont Ventoux. Pulvérisant ainsi le vieux record établi par Iban Mayo lors du Dauphiné 2004. Ce que ni Amstrong, ni Pantani n’étaient parvenus à faire.
À l’heure du bilan, le prodige Slovène n’en finit plus d’étonner à force d’exploits mémorables, de défis relevés face aux meilleurs de sa génération dorée, d’autant qu’à son quatrième maillot jaune il vient de rajouter un troisième maillot à pois de meilleur grimpeur.
Lorsque l’on songe qu’au départ du Tour Jonas Vingegaard et Remco Evenepoel déclaraient n’avoir jamais connu pareille forme…

Remco détruit, Jonas relégué au rang de courageux figurant, nous voilà revenus à la grande époque d’Eddy Merckx et de Fausto Coppi. Ces vainqueurs au charisme surnaturel qui écrivaient les chapitres les plus démentiels de l’histoire du cyclisme moderne en se jouant de leurs adversaires les plus redoutables.
Bernard Hinault, péremptoire mais lucide, l’avait prévu qui nous déclarait en juin dernier que Tadej Pogacar n’était pas seulement l’un des principaux favoris mais Le Favori. Son Favori.
Le Campionissimo français n’hésitant pas à user de superlatifs et de mots chocs pour saluer et défendre celui qu’il n’hésite plus à comparer aux plus grands de l’histoire du cyclisme. Rejoignant ainsi son idole Eddy Merckx.

Sans jamais donner l’impression de dépasser ses propres limites, sans jamais vouloir humilier ses adversaires, sans réellement bénéficier du soutien d’équipiers performants aux moments de ses offensives majeures, quasiment seul au monde, décidé à vaincre l’adversité et l’ennui, Tadej Pogacar semble s’attaquer désormais à l’ombre de géant qui est la sienne depuis la Une historique de nos confrères de l’Équipe faisant de lui un « Coppi Conforme ».
À tous ceux qui interpellent sa légende, à tous ceux niant son talent, à tous ceux qui dénigrent ses exploits, le mirifique champion peut rappeler que sa quête insensée des records ne s’achèvera qu’en 2030, date de la fin de son contrat avec le team UAE. D’ici là la vénérable marque Colnago aura tout loisir de produire de nouvelles armes fatales pour le Maitre de Guerre.

Top Vélo | Podium TDF

ET LES FRANÇAIS, ET LES AUTRES…

Un Milan en vert pour l’Italie, un Lipowitz en blanc pour l’Allemagne, une étape et un maillot jaune pour un Van der Poel surpuissant, un chrono pour un Remco en chute libre, un exploit mémorable pour le guerrier Van Aert par delà les pourcentages de la rue Lepic et surtout pour nous Français l’affirmation de jeunes talents en devenir.
Kévin Vauquelin et Jordan Jegat respectivement 7ème et 10ème au général. Valentin Paret-Peintre glorieux sur le Ventoux et Lenny Martinez 3ème chez les grimpeurs derrière les deux géants Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard.
Pas de quoi faire la fine bouche, le public ne s’y est d’ailleurs pas trompé, même si une fois encore la parole revient à Bernard Hinault qui ne voit pas venir un nouveau français vainqueur du Tour dans les prochaines années.
De quoi célébrer encore et encore les victoires de Bernard Thévenet, Laurent Fignon et… Bernard Hinault.
Pour le reste n’oublions pas que Pogy n’a que 26 ans et que son palmarès compte déjà 4 Tours de France, 1 Giro, 21 étapes du Tour, 6 étapes du Giro, 3 étapes de la Vuelta, 2 Tirreno-Adriatico, 4 Tours de Lombardie, 2 Tours des Flandres, 2 Liège Bastogne Liège et des dizaines d’autres succès. Ce même Pogy qui va renoncer à la prochaine Vuelta, où l’on annonce un duel Vingegaard-Remco, pour mieux se consacrer sur le Mondial dont le terrifiant tracé africain semble taillé pour sa démesure. De quoi dépasser l’ennui.

Derniers articles

Rechercher