D’abord évidemment, pour l’entrée de Tadej Pogacar dans le club très fermé des quintuples vainqueurs du Tour de France. Le Slovène rejoignant avec panache les Français Jacques Anquetil et Bernard Hinault, le Belge Eddy Merckx et l’espagnol Miguel Indurain.
Ensuite par l’affirmation comme homme de Tour d’un certain Remco Evenepoel. Un prodigieux rouleur, sans doute le meilleur de tous les temps avec Jacques Anquetil, devenant à force volonté un protagoniste crédible de la grande boucle comme il l’était déjà du Giro.
Enfin par l’avènement au plus haut niveau, mais pas tout à fait à celui espéré ou annoncé, du jeune Paul Seixas.
Durant trois semaines haletantes, le public et les spécialistes n’auront eu de cesse de demander et d’obtenir le meilleur de champions décidés à se hisser au niveau des héros du passé. Au point d’impressionner le Grand Eddy Merckx lui-même. Le Cannibale avouant son immense admiration pour Pogacar tout en saluant avec émotion la performance de son compatriote Evenepoel.

À l’heure du traditionnel bilan, puisque bilan il faut dresser, ce Tour 2026 aura été bien évidemment marqué par les traditionnelles attaques des sempiternels boutiquiers du dopage, par les doutes insupportables générés par des contrôles hors normes voyant des Champions tels Vingegaard réveillés à 2 heures du matin ( on imagine Léon, Messi ou Sinner ainsi réveillés…), par les attaques minables dont aura fait l’objet Lenny Martinez, l’autre grande révélation française, et par les exploits répétés du sprinter Mads Pedersen ( maillot vert de haute lutte) et du grimpeur Richard Carapaz ( maillot à pois de très haute lutte). Au demeurant, l’Histoire retiendra (probablement dans un prochain bouquin de l’ami Jean-Paul Ollivier) essentiellement l’entrée désormais définitive de Pogi au panthéon du cyclisme.
Le nouveau Campionissimo ne se contenant jamais de gérer, sinon pour aider son jeune coéquipier Del Toro (autre prodige) à s’emparer du maillot blanc, et offrant au public international pas moins de 5 victoires d’étape systématiquement placées sous le signe de l’exploit. Le nouveau record de l’Alpe d’Huez en point d’orgue. Le mythique Marco Pantani relégué à plus d’une minute et ses adversaires éparpillés dans le vent de l’histoire d’une montée légendaire si bien décrite par notre confrère Jean-Paul Vespini.
Comment décrire alors ce Tour 2026 sans évoquer l’émotion comme leitmotiv d’une course en forme de formidable épopée humaine.
Émotion de Jonas Vingegaard, revêtant le premier maillot jaune à Barcelone.
Émotion de Tadej Pogacar, retrouvant le maillot jaune après un premier exploit dans ses chères Pyrénées.
Émotion d’un public transcendé par la présence de celui que toute la presse lui a présenté depuis des semaines comme le successeur de Bernard Hinault.
Émotion de Miguel Martinez transformé en passeur de bidons pour son fils Lenny.
Émotion enfin d’Adri Van der Poel et de toute la famille Poulidor devant les exploits de Mathieu.
Lenny Martinez comparé à Joop Zoetemelk pour n’avoir, selon certains, relayé Pogacar et consorts. Mais qui est capable de relayer Pogi ? Pas Vingegaard déjà. Et pas Seixas non plus. Et qui était capable de relayer Merckx ?

Il faut rassurer Lenny, merveilleux cinquième du Tour, la comparaison avec le grand Joop est plutôt un compliment lorsque l’on songe à son immense palmarès.
Pogacar se voyant reprocher de ne faire que très peu de cadeaux aux autres. Notamment aux sans grades et assimilés. Pourquoi ? Coppi et Merckx faisaient des cadeaux ? Et Hinault ? Demandons justement à Zoetemelk ce qu’il en pense, lui qui rêvait d’un « geste » du Blaireau après leur belle échappée commune en vue de Paris. Les grands champions ne sont pas là pour faire des cadeaux. Mais pour vaincre avec courage !



