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LA SAGA DE “MIROIR DU CYCLISME”
Restituer à tous ceux qui ont appris le cyclisme, la magnifique histoire du légendaire et mythique Miroir du Cyclisme. Un magazine qui trente-cinq années durant, tout au long de 474 numéros, aura donnée au sport cycliste le plus enthousiasmant des… miroirs.
Voilà le propos passionnant de notre confrère Bernard Chambaz.
Publié aux éditions en exergue, l’ouvrage préfacé par Bernard Hinault est une édifiante et nostalgique balade à la rencontre de l’époque bénie du sport cycliste.
Rien de mélancolique, quoique, mais quelle belle idée que ce retour vers quelques-unes des plus riches pages de l’histoire. De 1960, l’année de la mort tragique du Campionissimo Fausto Coppi, jusqu’au milieu des années quatre-vingt-dix et la chute édifiante du mur de Berlin, Miroir du Cyclisme apportera aux passionnés la quintessence d’un sport unique, dont les plus belles pages auront été écrites à même l’asphalte ou la pierraille par des champions ayant la dimension de héros.
Coppi d’abord (avec une erreur de légende sur la photo illustrant son chapitre, faussement datée de 1959 avec un maillot Bianchi alors que pour cette ultime saison le Campionissimo portait les couleurs de Tricofilina…Coppi.) pour un chapitre dédié aux Années Anquetil. Coppi et Bobet se voyant offrir quelques pages puisque contemporains du prodige normand que l’Italien absolu n’avait pas hésité à désigner dès son avènement lors des Nations 1953, comme son successeur. Au grand dam de ses jeunes compatriotes Baldini et Nencini.
L’histoire, à force d’exploits quasi miraculeux, se chargera de lui donner raison. L’iconographie apportant la preuve d’une supériorité absolue de l’esthète dans une époque charnière entre deux mondes, deux cyclismes, deux journalismes.
Des années Anquetil, le voyage se poursuit le long des années Merckx, des années Hinault et des années Indurain. Périple émotionnel révélateur d’époques marquées par des Champions inoubliables. Poupou évidemment, puis Ocana le Maudit, De Vlaeminck le Gitan, Fignon le Professore, LeMond l’Américain, Jeannie La Longo, jusqu’au dernier numéro daté de mars-avril 1994. Avec Indurain, Rominger et Cipollini en couverture.
De profundis cher Miroir.
Tout avait changé des choses du vélo, de la société et du journalisme…
Coppi avait ouvert l’album, a Pogacar l’honneur de le clôturer. D’un Campionissimo à l’autre.
Merci Bernard Chambaz !
Miroir du Cyclisme, l’Histoire d’un magazine mythique. Par Bernard Chambaz avec une préface signée Bernard Hinault. En exergue éditions. 192 pages grand format. 35 euros.
À LA RENCONTRE DES ANNÉES SOIXANTE
De rencontre en rencontre, le très passionné Denis Robin nous offre des panoramas étonnants et souvent détonnants sur une histoire du cyclisme échappant aux sempiternels comptes-rendus d’épreuves ou de carrière. Des plateaux d’Auvergne aux sommets colombiens, jusqu’à cette Suisse rurale où il fait aussi bon vivre que bien rouler. Avec naturellement une rencontre nouvelle qui nous plonge au cœur de la romanesque période des sixties, ces années soixante si riches en champions, en exploits, en drames et en anecdotes révélatrices d’un autre cyclisme.
Avec Francis Blanc, son héros du jour, Denis Robin déroule avec élégance et tendresse le roman picaresque d’une vie de coureur aux temps merveilleux des Anquetil, Gimondi, Motta, Gaul, Poulidor ou Pingeon. Et bien évidemment un retour sur les traces de Suisses de légende, tels Kubler ou Koblet.
Mais il faut en revenir au héros de ces pages. Le modeste mais glorieux Francis Blanc, coureur Suisse de talent, devenu protagoniste de trois Tours de France et d’un Giro. Avec en exergue cette édition 1965 où toute l’Italie croyait enfin avoir trouvé le successeur de son Campionissimo Fausto Coppi disparu cinq années auparavant alors qu’il allait disputer son ultime saison sous les couleurs de San Pellegrino. La nouvelle équipe de son éternel rival, le mythique Gino Bartali.
Intégré au sein de la prestigieuse équipe Salvarani, notre Suisse va contribuer à l’avènement de celui que l’Italie allait bientôt considérer comme son messie, le jeune prodige Felice Gimondi. Equipier modèle, placé aux premières loges, Francis Blanc est fier du maillot bleu ciel de l’équipe. Et il apprécie la réserve et l’humilité de Gimondi qui a pourtant déjà remporté le Tour de l’Avenir la saison précédente. Pour le longiligne bergamasque, il s’agit d’une gageure. Disputer son premier Tour de France alors que le grand favori n’est autre que Raymond Poulidor, le chouchou du public. Un Poupou qui ne s’est incliné que de justesse un an plus tôt face à Jacques Anquetil. Celui justement que Coppi avait désigné comme son successeur…
Loin de la démesure actuelle, le Tour est déjà l’épreuve la plus importante et la plus prestigieuse du calendrier. Et même s’il a déjà disputé de grandes épreuves comme le Dauphiné ou le Tour de Suisse, Francis se trouve submergé par l’ampleur du chantier qui l’attend. D’autant que pour la première fois la télévision va être en permanence sur la course et diffuser chaque jour les cinquante derniers kilomètres de l’étape.
Dès les premiers jours, Francis fait le travail en début d’étape pour ses leaders, Adorni et Gimondi. L’Aventure commence. Et quelle aventure ! Car outre Poulidor, il y a un certain Van Loy…
FRANCIS BLANC, Champion des années 60. Par Denis Robin. Alpha Delta éditions. 380 pages, 23 euros.



