Paul Seixas prodigieux en Lombardie

En l’absence de l’ogre Pogacar, quintuple vainqueur de l’épreuve, Paul Seixas s’est offert un premier Monument d’anthologie sur les hauteurs tragiques de Côme où les tifosi ont retrouvé pour un temps l’esprit et le cœur de la légende. À 20 ans et 16 jours, le leader du team CMA.CGM-Decathlon prend la suite du grand Eddy Merckx qui avait lui triomphé dans un Monument à 20 ans et 275 jours.

Par Salvatore Lombardo

Seulement 4ème sur la ligne, Remco Evenepoel analysait avec sincérité et admiration l’exploit du jeune prodige français. Image Facebook Team Decathlon CMA CGM / Alex Broadway

« Ce que Seixas a fait était impressionnant. Il mérite pleinement sa victoire dans ce Tour de Lombardie. Il n’y avait rien à faire contre lui. Dans le Civiglio et ses passages à 11% il nous a littéralement asphyxié. On n’a rien pu faire. Pas plus moi que Ciccone ou McNulty et Del Toro. Paul grimpait comme dans un rêve.»

Top Vélo | paul seixas lombardie 3

En conférence de presse d’avant course, Paul avait comme à son habitude annoncé la couleur sans formule de politesse et sans réserve. Il venait pour donner le meilleur au public et donc pour gagner. Sincérité désarmante ou arrogance naïve ? Reste que ses adversaires désignés, des néo Champion du Monde et Champion d’Europe, McNulty et Evenepoel, à Del Toro et Pidcock, étaient prévenus. Seixas et les siens venaient pour faire la guerre. Et le spectacle !

Toujours à l’avant-garde pour maitriser les nombreuses vagues d’un peloton parvenu avec soulagement et rage aux confins exténuants de sa saison, la phalange bleu et verte veillait. Mettant son leader à l’abri avant son acte majeur. Cette accélération inarrêtable qui allait tour à tour mettre au supplice tous les cadors. À commencer par Del Toro qui lâchait prise le premier. Puis McNulty et enfin Remco, tous deux littéralement impuissants à suivre le rythme infernal d’un Seixas qui n’aura de cesse de transformer le terrible Civiglio en rampe de lancement pour la victoire. Mas et Ciccone étant les derniers à s’incliner.

Top Vélo | paul seixas lombardie 2

À 19 kilomètres de la ligne, la messe était dite. Seixas écrivant à même l’asphalte rugueux du pays de Côme le premier grand chapitre d’une carrière qui s’annonce glorieuse.

Ce Tour de Lombardie 2026, soit 70 années après les pleurs du Campionissimo battu au sprint par le tragédien Darrigade, et 60 années après le triomphe du Messie Felice Gimondi face à Eddy Merckx et Raymond Poulidor, s’inscrit déjà dans la légende du cyclisme. Sacrant celui que l’on peut désormais sans hésiter désigner comme le digne successeur de Bernard Hinault. 

Sa saison 2026, où il espérait, disait-il en janvier, remporter une première belle victoire, se solde par 8 succès et une médaille de bronze aux mondiaux du contre la montre. Sans parler d’une 4ème place prometteuse sur le Tour de France. 

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Aussi grand rouleur que grimpeur surpuissant, ne craignant rien ni personne, à la fois simple mais orgueilleux, objet des attentions de tous les grands teams, présent de février à octobre, Paul Seixas enthousiasme. Et interpelle. Déjà en reprise d’entrainement, un certain Tadej Pogacar sait à quoi s’en tenir. 

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