Fondée en 1984 par l’ancien coureur professionnel Eusebio Vélez de Mendizábal, Mendiz fait partie de ces marques qui cultivent leur savoir-faire sans nécessairement chercher la lumière. Implantée à Vitoria-Gasteiz, au Pays basque espagnol, la marque dispose pourtant d’une véritable culture de la compétition et fournit notamment les équipes de la Fondation Euskadi.
RAPPEL SUR LE MENDIZ F12 SL
Le F12 SL représente ce que Mendiz propose de plus moderne en matière de vélo de route aérodynamique. Son cadre affiche une silhouette résolument sportive, avec des tubes généreusement dimensionnés et des lignes clairement pensées pour favoriser la pénétration dans l’air. Et derrière cette apparence musclée se cache une construction particulièrement évoluée.
Mendiz annonce un poids de seulement 900 grammes pour le cadre, une valeur assez remarquable pour un vélo de cette catégorie et de prix. Pour parvenir à ce résultat, le constructeur fait appel à des fibres de carbone très haut module associées à un procédé de moulage EPS. Cette technique permet de mieux maîtriser la compression du carbone durant la fabrication et d’obtenir des surfaces internes particulièrement propres et lisses. Elle contribue ainsi à optimiser la quantité de matière utilisée, la rigidité et la masse finale du cadre.
Ce type de construction se retrouve habituellement sur des machines nettement plus exclusives. À ce titre, le F12 SL n’a pas grand-chose à envier à certaines références du marché affichées à des tarifs deux, voire trois fois supérieurs.

La conception du cadre répond également aux standards actuels. On retrouve une patte de dérailleur universelle UDH, une compatibilité avec les transmissions monoplateau et une intégration complète de la câblerie. Le dégagement autorise des pneumatiques jusqu’à 32 mm de section, une valeur désormais assez classique, même si j’aurais apprécié pouvoir monter du 34 ou du 35 mm. C’est finalement l’un des rares points sur lesquels le F12 SL aurait pu aller un peu plus loin.
La géométrie et les formes du cadre ne laissent aucun doute sur sa destination. Nous sommes face à un véritable vélo de compétition, développé avec une priorité accordée à l’aérodynamisme, sans pour autant négliger la masse et la polyvalence.
Contrairement à de nombreux constructeurs qui imposent des montages prédéfinis, la marque propose un configurateur particulièrement complet. Il est possible de choisir les composants, les équipements et même les couleurs du vélo. Le programme permet notamment d’associer deux teintes et de sélectionner indépendamment une finition mate ou brillante. On peut également opter pour un cadre entièrement uni.

Chaque vélo est ainsi assemblé individuellement en Espagne, à partir de la commande du client. Les peintures sont également réalisées au Pays basque. Une démarche qui mérite d’être soulignée, d’autant que les vélos sont commercialisés à travers un réseau de magasins, avec le service et l’accompagnement que cela implique.
UN MONTAGE QUI FAIT LA DIFFÉRENCE
C’est certainement sur ce point que le Mendiz F12 SL impressionne le plus. Notre vélo d’essai est affiché à 5 365 euros, un tarif qui paraît presque étonnant au regard de la qualité des équipements proposés.

À commencer par la transmission Shimano Ultegra Di2. Certes, ce groupe n’est plus une nouveauté, mais il demeure l’une des références du marché. Son fonctionnement est irréprochable, les changements de vitesse sont rapides et précis, et l’ergonomie est excellente. Les différences avec le Dura-Ace Di2 restent suffisamment ténues pour que l’Ultegra constitue aujourd’hui un choix particulièrement pertinent.
Les roues constituent une autre bonne surprise. Mendiz a choisi les nouvelles Fulcrum Soniq, une paire de roues en carbone qui reprend une partie du savoir-faire développé sur les Sharq, tout en adoptant une conception un peu moins sophistiquée. Les rayons sont ronds et les moyeux plus conventionnels, mais la qualité de fabrication demeure celle que l’on connaît chez Fulcrum. Il s’agit de véritables roues de performance, conçues et fabriquées en Europe, qui apportent une réelle valeur ajoutée à ce montage.

Elles sont associées à des pneumatiques Vittoria Rubino de 30 mm de section. Si ces derniers constituent un excellent choix pour l’entraînement ou les sorties hivernales, ils sont à mon sens un peu en retrait par rapport aux qualités du cadre et des roues. Leur rendement comme leur capacité de filtration limitent légèrement le potentiel du F12 SL. Un passage sur des Vittoria Corsa Pro, par exemple, permettrait d’améliorer sensiblement le comportement du vélo. C’est probablement la première modification que j’effectuerais.
La pièce qui retient immédiatement l’attention est le poste de pilotage Deda Alanera RS. Voir un tel équipement sur un vélo proposé à ce tarif est particulièrement surprenant. Ce cockpit monobloc en carbone représente ce qui se fait de mieux chez Deda. Léger, rigide et remarquablement réalisé, il est habituellement réservé à des montages beaucoup plus onéreux.
La selle Selle Italia Boost apparaît finalement comme l’élément le moins prestigieux de cet ensemble. Il s’agit d’un modèle relativement accessible dans la gamme du fabricant italien, un peu lourd au regard des autres composants.

Au final, seuls les pneumatiques et éventuellement la selle mériteraient à mes yeux une évolution. Pour le reste, je ne changerais absolument rien. Et c’est précisément ce qui rend ce Mendiz aussi intéressant.
À équipement comparable, certains vélos de marques premium approchent ou dépassent les 9 000 euros, sans nécessairement offrir le même degré de personnalisation. On trouve certes des propositions compétitives chez quelques constructeurs commercialisant directement leurs vélos sur Internet, mais beaucoup moins dans le réseau traditionnel des magasins de cycles.
Et le F12 SL peut même être proposé à partir d’environ 3 300 euros en vélo complet. À l’autre extrémité du catalogue, les montages les plus exclusifs peuvent approcher les 13 000 euros, notamment avec une transmission Campagnolo Record. Autant dire que la plateforme permet de répondre à des budgets et à des attentes très différents.
LE MENDIZ F12 SL SUR LA ROUTE
C’est dans le Ventoux que j’ai choisi de découvrir ce F12 SL, sur des routes que je connais particulièrement bien et qui permettent de juger rapidement les qualités comme les limites d’un vélo.
Première constatation, le Mendiz ne donne absolument pas l’impression de rouler sur une machine de milieu de gamme. Et c’est probablement le plus beau compliment que je puisse lui adresser. Dès les premiers kilomètres, les sensations sont celles d’un véritable vélo haut de gamme. Le cadre répond bien, les roues accompagnent efficacement le pédalage et l’ensemble dégage une belle homogénéité.
C’est un aspect auquel j’accorde beaucoup d’importance. Trop souvent, sur les vélos de milieu de gamme, les constructeurs proposent des vélos équipés de cadres intéressants mais associés à des composants assez quelconques pour respecter une grille tarifaire. On se retrouve alors avec une machine qu’il faut rapidement faire évoluer pour en exploiter les qualités. Ce n’est pas le cas ici.
Le F12 SL est immédiatement convaincant, sans donner l’impression qu’il manque quelque chose à son montage pour pouvoir réellement s’exprimer.

Sur le plat, ses qualités aérodynamiques prennent tout leur sens. Le vélo se montre particulièrement efficace et permet de rouler rapidement sans avoir le sentiment de lutter contre la machine. Les Fulcrum Soniq participent largement à cette impression générale. Elles ne figurent certes pas au sommet du catalogue du fabricant italien, mais leurs prestations sont déjà d’un excellent niveau.
Le F12 SL possède cette faculté propre aux bons vélos aérodynamiques de favoriser les allures soutenues. Et avant d’en trouver les limites, il faudra déjà disposer d’un sacré niveau physique ! Pour l’immense majorité des cyclistes, les performances offertes seront largement suffisantes. Évidemment, on pourrait encore faire progresser le vélo en adoptant des roues plus exclusives et des pneumatiques plus performants. Mais ce serait presque un luxe tant l’ensemble fonctionne déjà remarquablement bien.
En montagne, le comportement est également convaincant. Je ne prétendrai pas que le F12 SL est le meilleur grimpeur que j’ai pu essayer dans le Ventoux. Ce serait exagéré et ce n’est d’ailleurs pas sa vocation première. Il demeure avant tout un vélo aérodynamique, avec ce que cela implique en matière de conception et de comportement.
Pour autant, il s’en sort très honorablement. La légèreté annoncée de son cadre lui permet de ne pas se retrouver pénalisé dès que la route s’élève, et son bon rendement général demeure appréciable dans les ascensions. On retrouve ici la polyvalence des vélos aérodynamiques modernes, désormais capables de s’aventurer sur tous les terrains sans véritable complexe.

Il reste naturellement des différences avec les machines les plus légères et les plus exclusives du marché, mais elles ne suffisent certainement pas à justifier les écarts de tarifs constatés pour tous les pratiquants.
Le seul véritable reproche que je pourrais adresser à ce montage concerne finalement ses pneumatiques. Les Vittoria Rubino remplissent parfaitement leur rôle dans une utilisation quotidienne, mais leurs prestations ne permettent pas de profiter pleinement du potentiel du cadre. Leur remplacement par des enveloppes plus haut de gamme apporterait un gain sensible en rendement et en confort.
La limitation à 32 mm de section maximale représente aussi une petite déception. À l’heure où de nombreux vélos de compétition acceptent des pneumatiques plus généreux, quelques millimètres supplémentaires auraient été appréciables pour privilégier davantage la filtration sur les chaussées dégradées.
UNE ALTERNATIVE AUX GRANDES MARQUES
Il existe finalement assez peu de vélos comparables au Mendiz F12 SL sur le marché. Non pas parce qu’il révolutionne la conception du vélo de compétition, mais parce qu’il parvient à réunir des qualités généralement réservées à des machines beaucoup plus onéreuses.
Un cadre carbone de 900 grammes bénéficiant d’un moulage EPS, une transmission Shimano Ultegra Di2, des roues Fulcrum en carbone et un superbe cockpit Deda Alanera RS pour 5 365 euros : difficile de ne pas saluer la proposition.
Et ce serait oublier l’un des principaux attraits de la marque, à savoir la possibilité de configurer réellement son vélo. Couleurs, finitions, équipements : Mendiz laisse une liberté appréciable à l’acheteur, tout en assurant un assemblage individualisé au Pays basque espagnol. Le tout avec une distribution en magasin, loin du modèle exclusivement numérique privilégié par certains concurrents.


