Alors que Jochim Aerts a débuté comme peintre de vélos pour différentes marques avec non un certain talent, c’est surtout son audace qui a fait de lui cet entrepreneur fantastique toujours avant-gardiste et précurseur du futur de la petite reine. Le vélo de route aéro de l’équipe Uno-X de Thor Hushovd, le Ridley Noah Fast de troisième génération illustre à merveille le génie de la marque belge en brisant une nouvelle fois les codes pour proposer une machine incroyable essayée pendant trois jours dans les monts et merveilles flandriens.
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LE RIDLEY NOAH FAST DE 3ÈME GÉNÉRATION OPPORTUNISTE
Les règles de l’UCI concernant la géométrie des cadres sont extrêmement claires et ont pour rôle de fixer des limites pour la sécurité des cyclistes face à une course à la performance toujours plus effrénée. Toutefois les matériaux, les maîtrises techniques évoluent et le champ des possibles autorisé par les normes définies (règle 8:1 vs 3:1) crée de nouvelles opportunités d’évolution, d’innovation voire de disruption.

Et c’est justement ce que l’on observe à l’oeil nu entre le Ridley Noah Fast de nouvelle génération et son prédécesseur. Il n’y a quasiment plus rien de commun, on entre encore fois dans une ère nouvelle. Et le Ridley Noah MMXII de 2012 à côté de la nouvelle merveille présentée à un panel de journalistes triés sur le volet était là pour illustrer à quelle vitesse le monde du vélo évolue aujourd’hui !

La récente communication de la marque belge sur les nouvelles spécifications de l’une des plus modernes des machines ultimes utilisée à 90% par les professionnels du team Uno-X à côté du Ridley Falcn RS se résume aux points majeurs suivants :
- Aérodynamisme optimal
- Géométrie progressive pour une position moderne du cycliste
- Nouveau cockpit conçu pour maximiser la position aérodynamique
- Approche holistique

Les lignes sont tendues, les formes tantôt symétriques tantôt asymétriques en y regardant de très près notamment pour la fourche. Le tout est orienté pour des performances aérodynamiques optimales même avec des angles de flux d’air incidents différenciés. La douille de direction est incroyablement étendues avec la priorité à la performance sur l’esthétisme. Ridley sur ce dernier point en convient, visuellement les avis sont tranchés, au tout premier abord bien souvent. A noter pour ma part l’observation que le Ridley Noah Fast 3.0 fut beaucoup plus beau à mes yeux en réalité que sur les premiers clichés divulgués. De plus à l’essai la magie de la performance opère sur l’esprit et par ce que ce vélo irait vite, très vite avec une réactivité et une maniabilité incroyables, la beauté de la machine perçue ou non en deviendrait une considération secondaire.



La version Ridley Noah est moins exclusive avec une construction en carbone différente et une autre proposition d’intégration du poste de pilotage. Un choix entre un combiné de cintre et potence traditionnel ou le cockpit intégré Cirrus Pro est à la discrétion de son acquéreur. Le cadre lui est compatible avec des groupes mécaniques ou électroniques. Vu sur l’évènement sans avoir été essayé, il fait figure d’une excellente opportunité de disposer d’avantages aérodynamiques similaires à son grand frère et d’une configurabilité intéressante pour les passionnés au budget également plus limité.

Le Ridley Noah 3.0 est disponible dans trois coloris hors configurateur, en quatre tailles XS, S, M et L à partir de 4199 euros (équipé en Shimano 105).
RIDLEY NOAH FAST 3.0 BIEN PLUS QU’UN VÉLO AÉRO – ESSAIS À L’APPUI
Avec trois sorties dans les Monts des Flandres pour un peu plus de 200 km et 2800 m de dénivelé positif, cet essai du nouveau Ridley Noah Fast 3.0 fut bien plus qu’un petit aparté. Les qualités de cette nouvelle machine ultime de la marque de Joachim Aerts ont été déployées dans tous les domaines. L’idée ou plutôt l’obsession finale est de ne plus s’en séparer. Retour sur un enchantement !

Jour 1 : Dès les premiers tours de roues, hauteur de selle bien réglée, on se sent dans une position très adéquate alors que très agressive. Le corps est vraiment à l’aise avec cette géométrie et la réponse aux coups de pédales très étonnante car si efficiente ! Le vélo part direct à la moindre sollicitation, zéro latence une invitation sans détours à la bagarre. D’ordinaire dans une pratique plus cyclotouristique que cyclosportive ou compétitive, c’est un passage psychologique d’un extrême à un autre, un peu comme si vous passiez d’une voiture 1,5 L dCi à un V12. Avec le second moteur, on prend directement rendez-vous sur le circuit.

Alors que sur toutes les parties roulantes, j’ai pu mesurer l’extrême efficacité du Ridley Noah Fast 3.0, j’ai aussi anticipé ses limites pour cet aéro dans les forts pourcentages. Mais routes parfaitement asphaltés ou pavées, il monte aussi incroyablement bien ! Stupéfaction assis sur la selle ou en danseuse, la seule limite fut mon cardio à 175 bpm, ma limite personnelle à bientôt 46 ans !
Dès cette première sortie, c’est aussi sur sa capacité de relance que ce vélo m’a bluffé, c’est tellement immédiat et avec un répondant à 100% tant que le cycliste est paré à l’effort. Jamais il ne m’a semblé aussi facile de combler des trous et c’est même avec malice que j’ai laissé certains se créer, se développer pour ensuite les boucher de manière sèche, enrhumant des échappés au passage. La rencontre avec le champion du monde sur route 2020 Thor Hushovd, sprinter de légende du Tour de France m’impatientait alors encore davantage pour avoir le retour d’un athlète hors normes et littéralement d’une machine de guerre sur ce vélo qu’il a retenu pour ses coureurs avec de grandes ambitions : victoire sur le Tour de France d’ici 2030.

Jour 2 : C’est en compagnie de Thor Hushovd que la seconde sortie eu lieu. Le géant norvégien est une légende vivante, ce fut un privilège et un honneur. Il me confia n’avoir que peu de temps pour rouler et qu’en 2024 il ne devait pas avoir parcouru plus de 500 km et pourtant… Pourtant sa puissance naturelle, à l’état brut est toujours là et c’est ainsi que je l’ai vu évoluer dans toutes les difficultés du parcours sans la moindre peine, progressant devant moi avec une aisance insolente. Pas de doute que le Ridley Noah Fast était à la hauteur du Roi norvégien.
Autre expérience, Thor m’a invité à prendre sa roue et il a été très taquin puisque deux tours de pédales plus tard il s’est retourné vers moi avec un sourire espiègle, j’étais déjà trois mètres plus loin à secouer la tête les jambes en feu ! Pas de doute, ce vélo rend tous les watts sur la route si vous en disposez d’autant !

Autre situation, alors à environ 55 km/h en tête de peloton avec Thor, à l’occasion d’un virage un peu serré une voiture s’est présentée très subitement, peut être que c’est la maniabilité et la réactivité du vélo qui nous a sauvé. Autant il m’a semblé être en face d’un danger réel imminent, autant c’est avec une sérénité surprenante que j’ai manoeuvré pour une mise en file indienne quasi instantanée. Ce sentiment ou cette certitude était partagé mais le sang de tous pas vraiment glacé, on en était à quasi rigoler.
Enfin dans les descentes sur routes étroites, des vitesses inattendues sont atteintes avec une pente pourtant pas si importantes, le Ridley Noah Fast comme son nom l’indique est rapide, très rapide, il file !

Jour 3 : Dernier essai sur route au revêtement mois contrariant, j’en rêvais ! Alors que le Ridley Noah Fast a bien été développé pour affronter des pavés et que le confort apporté est indéniable, les pavés ce sont les pavés ! D’ailleurs le cycliste fut usé mais pas du tout la machine. Au matin de cette dernière aventure, j’ai vérifié l’état des jantes et des rayons en particulier, l’état des roues était toujours impeccable. Fiabilité et robustesse validées !

Au cours des deux précédents jours, j’avais déjà bien donné et il aurait été raisonnable de lever le pied. Le problème avec cette machine c’est un tel plaisir que cela en est impossible. Au diable alors la raison et malgré toutes les nouvelles ascensions à fond sur segments Strava départ au sol indiqué, je n’ai pas fini totalement cramé. Incroyable !

LE NOUVEAU MONDE DÉFINI PAR LE RIDLEY NOAH FAST 3.0
Ma short-list de Special Ones en compte un de plus après ces premiers essais du tout nouveau Ridley Noah Fast 3.0 dans les monts et merveilles des Flandres. Il est souvent question de vélo complet, ultime qui excelle sur toutes les profils de terrains et bien souvent c’est du discours marketing mais vivre une telle expérience aux commandes d’une machine réellement si extraordinaire vous fait consulter votre compte en banque avec cette question : et si je m’offrais le vélo de ma vie ?

Si Thor Hushovd lui même a retenu Ridley comme partenaire pour son équipe avec une ambition de victoire sur le général du Tour de France d’ici 2030 alors que d’autres propositions très alléchantes lui avaient été faites, il me semble disposer d’un autre indicateur que le Ridley Noah Fast 3.0 est vraiment une machine extraordinaire.

Le Ridley Noah Fast 3.0 deviendra-t-il alors une légende lui-même ? Seul l’avenir nous le dira mais ces premiers essais ont été une incroyable expérience sur certainement l’une des meilleures machines du monde. À l’aise sur toutes les surfaces et revêtements, dans toutes les configurations et profils, il m’a assurément sublimé et c’est cette expérience là exactement que l’on attend d’une machine de rêve comme cycliste non professionnel mais assurément passionné.

Disponible en cinq tailles dans trois coloris hors configurateur UD Carbon Clear, Candy Red Metallic et Amethyst Purple, le Ridley Noah Fast 3.0 en Shimano Ultegra Di2 est au tarif de 8799 euros.

