Alors que nous avions fait l’essai l’année dernière du Trek Madone SLR9 Gen.8 de l’équipe WorldTour Lidl-Trek, une version plus abordable a été soumise aux mêmes essais sur le Mont Ventoux et alentours pour en avoir le coeur net sur ce qui séparent mais aussi ce que partagent ces deux vélos de route conçus et fabriqués avec le même génie par la marque américaine.
Retrouvez tous nos autres essais ici.

PLUS QU’UN SIMPLE AIR DE FAMILLE ENTRE LE TREK MADONE SL6 ET LE SLR9
Alors que nous avions été présents pour le pré-lancement du tout nouveau Trek Madone Gen.8 à Madrid en Mai 2024 (article à relire ici), seul le top de gamme le SLR9 de l’équipe WorldTour Lidl-Trek nous avait été présenté et mis à disposition pour plus de trois mois d’essai.
Cette nouvelle plateforme fusion des deux mondes, nouveau vélo ultime puisque performant sur tous les terrains venait succéder au Madone de 7ème Génération et à l’Emonda en même temps avec de détonantes caractéristiques :
- Aussi léger que l’Emonda
- Aussi rapide que le précédent Madone
- Plus aérodynamique que l’Émonda avec des formes de tubes nouvelles Full System Foil
- Plus confortable avec une construction IsoFlow améliorée (80 % plus confortable verticalement qu’auparavant)
- Nouveau cockpit intégré Aero RSL Road
- Nouveaux porte-bidons et bidons aéros
Toutefois il était aussi souligné que toutes les versions de la gamme bénéficiaient de 80% des nouvelles technologies et améliorations de cette nouvelle génération. La marque américaine entend ainsi faire profiter tous les cyclistes du meilleur matériel possible en rapport avec un budget défini de l’entrée de gamme avec le SL5 à 3559 euros au top de gamme SLR9 à 13499 euros.



Hormis les performances aérodynamiques du cockpit et des portes-bidons / bidons aéros, même le Trek Madone Gen.8 d’entrée de gamme bénéficie des spécificités aérodynamiques offertes par ce nouveau cadre. Le modèle Trek Madone SL6 situé en milieu de gamme en est donc bien sûr doté et se présente avec cet équipement exactement :
- Cadre Carbone OCLV 500
- Fourche Carbone OCLV 500
- Groupe Shimano 105 Di2
- Cintre Bontrager Comp, Alliage 31,8mm en taille ML
- Selle Bontrager Aeolus Comp, rails en acier
- Roues carbone Bontrager 35mm



Alors que le Trek Madone SLR9 précédemment à l’essai est construit avec la fibre de carbone et le lay-up le plus haut de gamme, le Trek Madone SL6 se pare d’une fabrication avec des matériaux et des procédés plus économiques comme le sont aussi les périphériques retenus. La question qui se pose évidemment est : mais pour quelle différence pour un cycliste de niveau amateur à athlète compétiteur ?
En taille ML celle qui me convient (L 56cm habituellement pour moi) sur la nouvelle grille de tailles de la marque américaine, le Trek Madone SL6 est donné à 8,16 kg contre 7,05 kg pour le SLR9. La différence de tarif en rapport même si cela n’est pas le seul atout du SLR9 ? Le Trek Madone SLR9 est au tarif de 13499 euros soit presque le triple du tarif demandé pour le SL6 à 5059 euros. Alors si le budget est un critère important dans le choix d’un client de la marque (et pour certains cela ne rentre nullement en ligne de compte), il est intéressant de poursuivre les investigations sur l’offre précise du milieu de gamme de cette nouvelle génération.


Selle, tige de selle, cintre, potence, jantes, tout comme pour le top de gamme sont estampillés Bontrager. Il est de notoriété publique qu’il s’agit là de la signature de la firme soeur et qu’au final hormis la transmission et une partie du train roulant à savoir les pneus, tout est développé en concordance dans des approches hollistiques et systémiques. Pas de place au hasard, pas de place au diable entre les détails, la machine est conçue dans son ensemble pour un fonctionnement sans faille.


Disponible en trois coloris Matte Dark Web, White Prismatic ou encore Crimson tout comme le modèle à l’essai, Il est selon moi juste magnifique avec une qualité de peinture et de finition absolument irréprochables. Il en est de même pour la construction du cadre et de la fourche sans absolument aucun doute quand on sait que Trek garantit à vie pour l’acheteur initial ces deux pièces maîtresses de la fiabilité et de la robustesse de votre vélo.

TREK MADONE SL6 À L’ESSAI – DES SENSATIONS HORS NORMES
Rouler sur un vélo de pro le rêve absolu ! Pas forcément si vous n’avez pas les watts, si les gains marginaux qu’il offre aux meilleurs cyclistes de la planète ne sont pour vous qu’une utopie ou totalement inutiles. Pas forcément si l’ergonomie Cockpit et bidons aéros ne vous conviennent pas vraiment et enfin si dans votre situation financière personnelle, il vous faudrait vendre un rein.
Par contre un Trek Madone de gamme plus raisonnable pour un cycliste passionné plus en rapport avec un ticket d’entrée à 3559 euros pour le SL5 ou encore le SL6 milieu de gamme de cet essai à 5059 euros, le rêve américain est à la portée de tous !

En 2024 le symbole de la performance de ce tout nouveau Trek Madone Gen.8 fut mes deux meilleurs chronos réalisés avec une ascension du Mont Ventoux à bloc en 1h25 sur mon segment Strava de référence.

À quel chrono ce Trek Madone SL6 presque trois fois moins onéreux m’a-t-il amené en 2025 sur ce même segment ? En un seul mois d’essai avec le jour de forme bien au rendez-vous 1h26 ! Incroyable et cela n’est même pas dit que je ne puisse pas faire mieux ma forme étant toujours en progression au moment d’écrire ces lignes.

Mais au delà de la performance, il y a autre chose à préciser : Je me sens nettement plus à l’aise sur ce vélo, mieux positionné avec un cintre plutôt qu’un cockpit non réglable limitant pour un cycliste grimpeur. Le vélo est moins rigide et cela se ressent positivement dans le confort. La transmission Shimano 105 Di2 fonctionne parfaitement et hormis que je préfère pour une question d’image et d’égo avoir de l’Ultegra minimum, il faut bien reconnaître que le 105 fonctionne de manière parfaitement fluide et fiable ! Pour ce qui est du poids supplémentaire des périphériques, vous n’aurez pas manqué d’observer qu’il y a une marge pondérale supérieure à réduire sur le cycliste lui-même sans dépenser un centime.

Les roues Bontrager Aeolus de 35mm pour cet élément qui peut tout changer du comportement d’un vélo sont vraiment tout aussi performantes. Le Trek Madone SL6 Gen.8 ainsi équipé est tout aussi maniable, précis et efficace au ressenti ce qui est peut être pour le cycliste cyclosportif une grande partie de l’essentiel.
Avec ce cintre, le Trek Madone SL6 m’invite davantage à relancer, à me mettre en danseuse dans les cols, à attaquer là où le SLR9 me demandait d’envoyer les watts, tous les points d’appui fessier et paumes des mains bien stabilisés. Et même si le chronomètre me blâme pour des secondes ou des minutes en trop, peu importe j’ai tellement plus de plaisir dans ma façon toute personnelle de vivre ma passion.

Évidemment que si le budget n’était pas une contrainte, la fibre de carbone OCLV 900 ferait aussi l’objet de mon choix, tout comme une transmission Ultegra minimum pour être honnête, mais ce serait surtout un choix psychologique qui toutefois est tout aussi respectable et à apprécier.

Dans les classiques de référence du banc d’essais Top Vélo, le tour du Ventoux avec 100km et 1500m de d+ est toujours parfaitement révélateur sur les qualités et d’éventuelles faiblesses d’un vélo. Effectué dans le sens horaire en choix stratégique de profils de pentes et de segments, toute la palette de configuration de terrains s’y retrouvent et c’est à un rythme et à un plaisir bien engagé que ce Trek Madone SL6 m’a procuré tout autant de satisfaction que le SLR9. Il faut dire que sans de longs segments ascendants très pentus, ce que je reproche personnellement au Cockpit Trek Aero RSL Route s’estompe complètement. Sur ce parcours encore une fois cela va un peu moins vite, c’est ressenti mais bien plus difficile à quantifier par rapport à l’ascension sèche du Mont chauve. Et si au final peu vous importe aussi car vous ne jouerez pas la première place dans la Gran Fondo locale, que votre budget est plutôt en rapport du SL6 ou du SL7 pourquoi pas, Trek a la proposition pour faire de vous un client cycliste heureux et très satisfait selon moi.

Enfin dernier retour d’expérience de terrain, parmi les nombreux cyclistes croisés le Trek Madone de 8ème génération ne laisse jamais indifférent. Autant par son histoire passée et présente glorieuse sur le WorldTour que pour son choix sans le moindre doute sur l’IsoFlow. Certains cyclistes n’aiment pas le design et remettent en question la solidité de la structure mais parmi ceux-ci aucun ingénieur en mécanique avec notions approfondies sur la résistance des matériaux et les simulations par ordinateur par éléments finis. Pour un niveau plus basique de compréhension sans années d’études universitaires, il y a un argument imparable de confiance dans cette technologie : Trek garantit le cadre à vie et dispose de la validation UCI ! End of Discussion / Fin de la discussion…

L’ACCESSIBILITÉ À DES PERFORMANCES DE TOP NIVEAU À TARIF TRÈS COMPÉTITIF
L’essai du Trek Madone SL6 a plus que convaincu avec des comparaisons intéressantes avec les performances et les sensations apportées par sa version la plus haut de gamme le SLR9 essayé l’année dernière (Essai vidéo Top Vélo). Ce niveau de gamme est à destination de cyclistes moins aisés financièrement mais qui n’auront pas à renoncer à un grand nombre de nouvelles technologies et certaines qualités apportées par cette nouvelle génération.

Avec sa fibre et un lay-up de carbone moins avancés et moins onéreux au bout du compte, avec des composants plus abordables mais dont les performances sont réduites et enfin avec des gains marginaux certainement totalement inutiles aux cyclistes cyclosportifs ou compétiteurs anonymes, le Trek Madone SL6 est alors un excellent deal avec son tarif à 5059 euros. Sans cockpit ni porte-bidons/bidons aéro à l’ergonomie rigide, les grimpeurs pourraient y retrouver leurs marques bien davantage que sur les versions les plus haut de gamme. Et puis si l’argent n’est pas un problème pour certains respectons que des versions à tarifs élitistes existent car ce sont les développements de celles-ci même qui apportent tant davantage à tous au bout du compte.

